Boudu Studio

Infographiste fantaisiste pour projets sérieux

j’veux pas aller à l’école…

… voilà ce que l’on a beaucoup entendu depuis septembre. Notre roi s’est battu comme un beau diable. Il a tout tenté : c’est trop loin, j’ai mal au ventre, j’ai peur de M, la cantine c’est pas bon, c’est pas intéressant, y a trop d’enfants et la maitresse elle est toute seule (véridique !)… Il a pleuré, crié, et puis peu à peu, je crois qu’il s’est résigné. Mais ces petits progrès (vous noterez que je sais rester modeste en la matière), je sais que je les dois en grande partie à deux personnes : sa maitresse L et son ATSEM P. Sans elles, sans leur bienveillance, leur sourire, leur dynamisme, leur abnégation (oui je sors la grosse artillerie, faites un tour dans une classe de petite section de maternelle entre septembre et octobre le matin et vous verrez que abnégation, c’est pas encore assez fort). Bref, mon roi a été entouré, on a beaucoup parlé et on a tenté de l’accompagner du mieux possible, de lui expliquer que c’était chouette l’école.

Il faut dire qu’on avait été habitué au modèle méga cool jusque là. Mon impératrice depuis toute petite, elle y va en courant à l’école. Pour vous donner une idée, jeudi dernier alors que nous devions lui faire faire l’école buissonnière pour monter sur Paris quelques jours, je lui laissais le choix. Mon impératrice, demain matin, tu veux rester avec maman ou tu veux aller à l’école ? …. Cherchez pas, elle m’a dédaignée. Je n’ai pas l’attrait des copines, des copains ou de la maitresse.

Alors quand notre second s’est révélé être plutôt associable à tendance réticente envers toute forme d’autorité, je suis tombée de l’armoire (bretonne l’armoire plutôt vous voyez…). Autant dire qu’avec mon roi, RIEN n’est gagné, chaque jour est une montagne à escalader et chaque soir, je suis contente que notre ascension se soit bien passée.

Quand P notre ATSEM chouchoute, bienveillance incarnée nous a annoncé début novembre son départ à la retraite pour début décembre, j’ai serré les dents, pensé à mon roi et aux 29 petits, à maitresse L et j’ai souri en la félicitant de cette nouvelle vie qui s’annonce plus calme pour elle. Pour lui dire au revoir, je n’ai pas hésité une seconde et j’ai plongé dans mon stock de miroirs. C’est pour des personnes comme P. que j’ai dessiné ce miroir. Je vous dis que j’ai fini dans ses bras ?

A noël, en temps normal, je n’offre pas de cadeaux à la maitresse. Mais là, j’ai envie de la remercier. Oui déjà. Dès noël. Parce que je crois qu’elle a fait un travail incroyable avec nos pioupioux, avec le mien en particulier. Parce que je pense que l’équilibre que nous avons trouvé est plus que fragile et que chaque jour, il faudra refaire ce chemin vers l’école en croisant les doigts pour que la magie opère à nouveau. Je lui suis tellement reconnaissante de m’aider à maintenir ce fragile équilibre que je lui offrirai un cadeau. Parce que les totebags, les carnets et les miroirs ont aussi été dessinés pour des maitresses comme L.

maitresse

A bientôt BouDu !